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Activ’Nounous

Des nounous non agréées proposent leur service à la sortie des écoles.

Ils font garder leur bébé « au black »

par Fred le 4 juillet 2008


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À l’approche des vacances, les nounous qui officient au noir dans la région sont en pleine période de retape à la sortie des écoles. Une activité en plein essor, compte tenu du manque criant d’assistantes maternelles dans certains quartiers, et de la demande croissante des parents.

16 h 30 à la sortie de l’école Georges-Lapierre d’Evry (Essonne). Alors que de nombreux parents viennent chercher leurs enfants, certaines femmes sont là en repérage. « Je regarde celles qui sont enceintes et je leur demande si elles cherchent quelqu’un pour garder le futur bébé », confie Aïcha, assistante maternelle non agréée depuis deux ans. Mais elle ne révélera ce détail qu’au dernier moment.

Comme elle, les nounous « au noir » sont nombreuses en Ile-de-France, même s’il n’existe aucune statistique officielle. Avec des horaires souples et des tarifs généralement plus bas que les assistantes maternelles agréées, certains parents n’hésitent plus à se tourner vers ce mode de garde.

« L’essentiel, c’est que mon enfant soit bien gardé et en sécurité avec la nounou », résume Annie, habitante de Sartrouville (Yvelines), qui laisse chaque matin son fils de 8 mois à une nourrice non déclarée. « L’avantage, c’est que cela me coûte moins cher qu’ une vraie nounou », ajoute-t-elle. Annie paie en effet 300 € par mois pour faire garder son enfant à temps complet (45 heures par semaine) soit 40 % de moins que ce qu’elle devrait verser à une assistante agréée pour le même volume horaire.

Mais contourner la loi est risqué. Car embaucher une nourrice non déclarée « est passible d’une amende de 750 € », explique Evelyne Gantois, responsable du service social de la protection maternelle infantile (PMI) de Paris. Quant à l’employée, elle risque jusqu’ à 3 750 € d’ amende, l’obligation de rembourser tous les salaires perçus et une peine de prison de trois mois. Pourtant, face à ces nourrices « discount », les moyens d’action sont limités. « Nous leur envoyons des courriers successifs, mais nous ne poursuivons ces personnes que très rarement », résume Guillaume Dumur, responsable du service mode d’accueil du conseil général des Yvelines.

Bruno Pinel

Les nounous agréées sont contrôlées... de façon aléatoire

Si les nounous « au noir » sont livrées à elles-mêmes, les assistantes maternelles ne sont pas forcément beaucoup plus encadrées. Les départements franciliens assurent contrôler régulièrement leurs personnels, mais dans les faits, les visites sont aléatoires.

« On se fixe l’objectif minimum d’un contrôle par an », affirme Guillaume Dumur, responsabl e du servi ce mode d’accueil des Yvelines. Pourtant Dominique, nourrice depuis plus de quinze ans près d’Evry (Essonne), est formelle. Hormis le contrôle obligatoire lors du renouvellement d’ agr ément (une fois tous les cinq ans), elle n’a « jamais reçu de visites ». Ces dernières sont « assez régulières... quand on ne manque pas de personnel » , avoue Marie-Noëlle Martres, adjointe de la PMI du Vald’Oise. Car les puéricultrices contrôlent surtout « là où il y a des situations problématiques », selon Guillaume Dumur.

B. P.

Hommes

Les « nounous » hommes (dix dans les Yvelines, quatre dans le Val-d’Oise, moins de quinze à Paris) doivent lutter contre les préjugés. « Certains parents pensent qu’on est moins compétents », témoigne Thierry, assistant maternel dans les Yvelines.

« C’est dur, mais ça en vaut la peine »

Les nounous « au noir » sont nombreuses à exercer dans la région. 20 Minutes est allé à la rencontre de l’une d’elles.
C’est à 8 h 30 que Deborah*, nourrice non agréée à Paris, démarre sa journée par des pleurs. « Une questiond’habitude », s’amuse-t-elle. Même si Deborah n’était pas prédestinée au monde des enfants.

Tout a commencé il y a six ans par un dépannage, « pour rendre service à une voisine qui finissait tard », se souvient-elle. Elle était au chômage. C’était un moyen de mettre du beurre dans les épinards. Quelques mois plus tard, à la sortie de l’école, une maman lui demande si elle a « de la place en septembre pour garder des petites jumelles ». Le déclic. « C’est là que je me suis dit que j’allais en faire mon métier », confie-t-elle.

Aujourd’hui,Deborah tourne avec trois enfants à temps complet et quelques dépannages ici et là, sans compter Dylan* et Josué*, ses propres bambins. « C’est dur physiquement, mais cela vaut le coup quand on voit le salaire », confie-t-elle. Chaque mois Deborah, qui prend plus cher que la plupart des nourrices illégales, touche environ 1 700 €. Un salaire confortable, mais qui la met en infraction : sans agrément, il est strictement interdit de prétendre à de la garde d’enfants à domicile moyennant rémunération. « Ce n’est pas un agrément qui fait que je sais ou pas changer une couche », rétorque-t-elle. Malgré tout, à la rentrée prochaine, Deborah est bien partie pour faire poussette comble. « Je suis en contact avec quatre mamans, dont deux m’ont déjà dit oui pour septembre. »

B. P.

* Le prénom a été modifié

Source : http://www.20minutes.fr, édition de Paris, page 3, 3 juillet 2008

À noter :

Je n’ai pas trouvé l’article sur le site de 20 Minutes, sans quoi j’aurais fait un lien. J’ai publié la page in extenso parce qu’elle concerne directement le métier d’assistante maternelle.

Si la rédaction estime qu’il y a un problème de droits d’auteur, je la remercie de prendre contact.

Rappelons enfin que les nounous non agréées, en plus d’être dans l’illégalité, ne sont couvertes par aucune assurance pour exercer, et ne permettent pas aux parents de se faire rembourser quoi que ce soit.

Toutes les assistantes maternelles du site Activ’Nounous sont agréées et déclarent leurs revenus, bien entendu.